Nous repassons en-dessous des nuages, la pleine-lune éclaire froidement le relief cassé et extrême des Andes équatoriennes, "this is Eeeeeeecuadooooorrrr" s'exclame le gamin assis derrière moi, fils d'émigré aux Etats-Unis partant à la découverte de ses racines. C'est comme si le paysage circulait sous nos pieds, les montagnes laissent la place aux premières lumières de Quito, Quito la sublime, Quito la millénaire, Quito l'éternelle.
La ville dévoile peu à peu son étendue ; coincée au fond d'une ou deux vallées, elle s'allonge donc sur des kilomètres. Les trois quarts de la ville sont maintenant des édifices modernes, on voit néanmoins d'en haut que Quito reste éternellement la ville des Quitu Caras puis d'Atahuallpa, une ville andine, aux formes abruptes, à l'emplacement unique et mystérieux, à l'atmosphère millénaire. Elle se dessine devant nous, sereine et droite, les lignes infinies des rues ressortent comme de la braise, Guayasamín avait su si bien les représenter.
Puis c'est l'heure de l'arrivée à la maison. D'abord une traversée folle et insouciante - à l'équatorienne - du Quito moderne, ses grandes avenues rectilignes, ses KFC et le barrio Gringolandia, avec la Fiat Uno au pot percé de Luis. Ensuite, on passe de l'autre côté de la montagne qui constitue le rempart est de la ville pour entrer dans le Guápulo, l'un des plus beaux quartiers de Quito la millénaire. Le Guápulo, accroché au flanc de la montagne, avec ses rues verticales, tordues et pavées, ses baraques en brique ou en chaux, couvertes de tuiles romaines, irrégulières et multicolores, et, au fond, l'église et le couvent franciscain, merveilles d'architecture baroque. J'ai passé deux jours dans ce quartier en-dehors du temps, à quinze minutes du centre de Quito mais au milieu des eucalyptus, des arbres à granadillas et à tomates de árbol. Le temps s'est bien arrêté au Guápulo, avec ses maisons centenaires, ses voisins qui se connaissent tous, vivent comme dans un petit village, organisent des matchs de foot "AC Milan vs. Guápulo"... Au Guápulo, les enfants jouent dans la rue jusqu'à plus de 22 heures, loin des dangers et de la violence du centre-ville.
Pour rejoindre ce dernier, il suffit de prendre la avenida de los conquistadores, par où arrivèrent les Espagnols lors de la Conquista. Quito l'éternelle...
4 commentaires:
tres agreable façon de t'exprimer; on dirait une chronique de voyage d'un quotidien renommé!
y aura t'il une suite.... avec des photos j'espere. je pense me rappeler que tu es deja allé dans cette contrée lointaine; serais tu tombé amoureux de ce pays,? dis nous en plus.... Beatrice M
Merci Béatrice !
J'espère actualiser ce blog aussi régulièrement que possible, et l'agrémenter de photos dès que possible aussi !
Je suis effectivement de retour en Equateur, un an loin de cette terre et c'était trop !! Je vis une expérience complètement différente à celle de l'année dernière, dans la montagne, au sein d'une fondation qui assiste des communautés indigenas pour le développement de leurs exploitations agricoles. Tout un programme !
A très bientôt, et bonnes vacances,
Jérémie.
Deux points me viennent à l'esprit quand je pense à toi: l'amitié et le voyage...
Deux petites citations:
"L'ami est un complice qui nous aide à nous emparer du monde."
Francesco Alberoni
"Amitié.Bateau suffisamment grand pour transporter deux personnes quand il fait beau."
Ambrose Bierce
Merci Matthieu ! ça fait plaisir d'avoir de tes niouses !
Merci pour ces citations, que je médite consciencieusement.
A très bientôt ; si jamais tu sais pas quoi faire des thunes que tu auras gagnées cet été, viens par ici, je me ferai un plaisir de te faire découvrir ce petit coin du monde...
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