jeudi 18 octobre 2007

Fotos

Et une série de nouvelles photos, en bas de la page...

vendredi 12 octobre 2007

Desinformación

Dimanche 30 septembre, les urnes ont parlé. L'Equateur a donné une très large majorité aux listes du Président Correa. Ce que l'on attendait de cette élection pour l'Assemblée constituante a bien eu lieu : le leadership de la gauche est pris par Alianza País, Correa n'en sort que renforcé, et la deuxième force du pays est PSP, le parti des deux guignols Gutiérrez. Petite surprise au passage : la chute, y compris sur la côte où d'habitude le populisme triomphe, du PRIAN - on espère la fin de l'autoproclamé "envoyé de Dieu", Alvaro Noboa.
Une majorité large mais pas écrasante. En lisant les interviews, en parlant avec les futurs asambleístas issus d'Alianza País, on comprend leur préoccupation, leur souci de ne pas faire de la future Constitution une Constitution "Alianza País". Ce sont des gens responsables, animés par une volonté forte de dialoguer et un réel esprit constructif, qui ont déjà entamé des discussions avec les autres partis.
On est donc loin des caricatures données par les partis d'opposition et savamment véhiculées par les journaux européens, en première ligne Le Monde, qui font état d'un triomphe du "candidat chaviste", pour le "socialisme du XXIème siècle", en Equateur. C'est faire preuve de peu de déontologie professionnelle, de peu d'honnêteté et d'un poil de paresse intellectuelle que de présenter les événements de la sorte.
Correa, copie de Chávez, c'est d'une part inexact, d'autre part limite insultant. Inexact, car Correa, il ne cesse de le répéter, n'a pas pour but de construire un "nouvel ordre", un Etat "socialiste du XXIème siècle", mais au contraire depuis son accession au pouvoir, il pose de façon très pragmatique les vraies questions, une par une, afin d'améliorer le quotidien de la majorité des Equatoriens. Négociation avec les banques pour faire baisser les taux d'intérêts et les frais bancaires, réappropriation progressive par l'Etat des ressources pétrolières, application réelle de la gratuité de l'enseignement, fermeture de la base nord-américaine de Manta, etc - je ne vois rien de "socialisme du XXIème siècle" là-dedans, juste une reprise en main progressive, légitime et mesurée du rôle de l'Etat, qui avait laissé passer tant de choses jusqu'à présent, le temps que le pays aille mieux. Rien de révolutionnaire, et les partisans de Correa ne cessent de le dire : il s'agit "simplement", notamment à l'occasion de la rédaction de la nouvelle Constitution, de garantir l'exercice de certains droits pourtant si simples tels qu'un droit réel à la propriété pour les petits producteurs ou encore la présomption d'innocence. La rhétorique n'est pas non plus celle des lendemains qui chantent : aider la majorité de petits producteurs à avoir un accès plus juste au marché, par des mesures d'"économie solidaire", ou, comme le dit Alberto Acosta, économiste reconnu et futur Président de l'Assemblée constituante, cadrer, dompter le marché, le mettre au service de la population, vers un modèle effectif d'"économie sociale de marché", disent d'autres. Niveau révolution à la Chávez, j'ai donc vu pire...
Limite insultant aussi, de la part de toute cette vieille garde corrompue et responsable du merdier ambiant, de traiter Correa, brillant économiste de 44 ans et sang neuf en politique, de pâle copie de Chávez.
Arrêtons donc la caricature. Rafael Correa et les nombreux militants des droits de l'Homme qui le suivent ne sont pas en train d'édifier un Etat sous le joug de l'impitoyable pieuvre Chávez. Si Correa est parfois un peu trop bavard effectivement, il n'a pas pour autant à recevoir de leçons de cette horde d'opposants, qui ont admis la semaine dernière qu'ils accepteraient la dissolution du Congrès si leur paye de députés est garantie dans les mois à venir...