Fin septembre a lieu l'élection pour l'assemblée constituante.
Un moment important : choisir 120 responsables qui devront rédiger une nouvelle Constitution pour l'Equateur. La vingtième du nom. Peut-être enfin la bonne ? On l'espère - la tâche est immense : trop d'instabilité institutionnelle, des droits mal garantis, un système judiciaire pervers...
On l'espère et à la fois on en doute, la campagne menée actuellement voyant toujours les mêmes combats personnels, la même démagogie, le populisme le plus puant, la même corruption et la même violence - la même immaturité politique.
Correa, le Président, qui a inicié de nombreux changements attendus, dont celui de la Constituante, qui reste droit dans ses bottes malgré les menaces et les humiliations, mais qui parle parfois un peu trop, apostrophe trop directement ses adversaires et stigmatise certaines catégories de population, du côté de Guayaquil.
Noboa, le milliardaire puant, qui fait monter les prix des aliments de base - maïs, farine, banane - dont il est le propriétaire quasi-exclusif, pour lever la bronca contre le Président. Et ça marche, c'est facile de jouer avec la faim.
Les frères écervelés Gutiérrez, Gilmar et Lucio, ce dernier s'étant fait virer du pouvoir en 2005 pour de multiples scandales et trahisons, et une gestion désastreuse. Ils osent ressortir. Et promettent de baisser le prix du maïs (grâce à la nouvelle Constitution - bien sûr), et aussi de retourner aux horizons qui chantent des 2 ans de gestion catastrophique de Lucio.
Le PSC, l'éternel et omniprésent parti de droite, qui ose promettre du changement après avoir contribué pendant des années à l'instabilité ambiante et toujours proposé les mêmes recettes, les vieilles lunes, qui n'ont rien changé à la situation. Nebot, maire PSC de Guayaquil, qui lance une violente campagne limite séparatiste contre le Président et le reste du pays, et qui joue le fervent écologiste en dirigeant le combat contre un décret présidentiel autorisant la pêche au requin.
L'époque est à la construction - tout est ouvert. Un moment délicat aussi, où les plaies s'ouvrent, les rancoeurs et les antagonismes s'aiguisent.
Des débats qui dégénèrent.
Des menaces d'élimination physique du Président.
Une démocratie immature.