L'accueil en Equateur, comme on se l'imagine de nombreux peuples latino-américains. Souriant, chaleureux peuvent paraître de faibles mots, rien à voir - "vraiment, rien à voir" - avec "la froideur des Européens".
Et pourtant.
Rien à voir, nada que ver, c'est sûr, avec la morne atmosphère d'un métro parisien, avec les gestes distants d'un Scandinave. Ici, on dit qu'on vous sourit, on vous pose de nombreuses questions, on vous ouvre les bras. On vous offre à manger, premier et simple geste de ce que doit être accueillir quelqu'un. On rit tout de suite, puis viennent les questions indispensables. Couac. C'est quoi ta religion ? Et comment fais-tu pour quitter ta copine pendant aussi longtemps - aaah, tu n'as pas de copine - mais comment c'est possible ?
Un accueil forcé - il faut répondre à toutes ces questions, engloutir les plats qui s'accumulent, et supporter les haut-parleurs qui vous crachent du reggaeton à la gueule. Mais personne ne s'inquiète de savoir si tout va bien, on sourit, on gave, ça suffit.
Un accueil fermé aussi - pas question de refuser, même poliment, quoi que ce soit de la nourriture - injure suprême ! - même si l'on est au bord de l'éclatement, et pas question, pour eux, de goûter à un seul morceau d'un plat tellement peu pourvu en piment ou en sucre qu'ils en vomiraient.
Un bon accueil certes, mais pas le plus subtil et certainement pas le meilleur du monde, comme le ferait croire le chauvinisme de certains. Tout cela manque un peu de respect, d'ouverture, et de réciprocité.
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